EDITORIAL H&F DU 22 FEV 2025
DELINQUANCE, TERRORISME, ANTIPATRIOTISME MEDIATIQUES : DES COMPORTEMENTS MALAISES A QUALIFIER

Certains ont longtemps présenté le terrorisme comme un épiphénomène géographiquement localisé, et voué à une rapide disparition. D’autres ont cru s’en préserver par la collusion. Mais, force est aujourd’hui de constater que le démon échappé de sa boîte, se duplique à grande vitesse, se répandant sur la planète avec les proportions d’une irrépressible calamité. Evidemment, c’en est une, qui ne laisse que mort et destruction sur son passage, désolant les puissants, désespérant les moins nantis, se prenant le malin plaisir de sévir en plein cœur des forteresses prétendument inexpugnables.

A l’évidence, aucun système de sécurité n’est ni assez hermétique, ni assez dissuasif pour prévenir le fléau de s’infiltrer, proliférer, frapper, et s’évanouir dans la nébuleuse des voisinages acolytes, apeurés, inconscients ou insouciants. Chacun d’entre nous transporte pourtant les germes du terrorisme dans son iPad, son smartphone, son ordinateur, sa tablette, son téléviseur, son poste de radio, et jusque dans ses lectures.

Que dire alors du battage médiatique orchestré par les relais de l’information, qui se font les propagandistes du terrorisme !!! Le procédé consiste à donner le plus grand éclat aux exploits de la déferlante nécrotique, puisqu’il est dorénavant convenu que la détresse de nos populations, et le meurtre de nos militaires permettent à qui de se faire une publicité, à qui d’autre de gonfler le volume de ses ventes.

Au nom d’une géopolitique globale lancée à la conquête de sphères d’influence, les traités, les pactes et autres engagements internationaux prévus pour garantir la souveraineté des États sont allègrement piétinés. La raison revenant désormais au plus fort, l’on s’empresse de blanchir le crime, de sanctifier le criminel, surtout lorsque celui-ci, fût-il le pire des terroristes, est encensé et reçu avec les honneurs protocolaires, pour le bon travail abattu, et après avoir pris le soin de passer par le coiffeur et le couturier.

A leur corps défendant peut-être, toujours est-il que dans leur désir d’accrocher l’audimat, nombre de nos médias locaux, à défaut d’abuser de l’amphigourisme du conditionnel, de répéter jusqu’à l’écœurement les points de vue venus d’ailleurs ; vont jusqu’à fomenter de sulfureuses intrusions cognitives, dont les retombées néfastes sont perceptibles à travers la disqualification du bon sens, la démoralisation des populations, l’abêtissement des intelligences, l’affaiblissement des cohésions, et plus grave, la déliquescence des institutions.

Délinquance, terrorisme ou antipatriotisme médiatiques, ce comportement s’avère malaisé à qualifier.

Comparaison n’étant pas raison, il est d’autant plus loisible de constater, à la lumière des drames perpétrés par des terroristes jusqu’au cœur des Etats-forteresses, comment les médias de tous les courants éditoriaux relatent la situation, certes dans sa cruelle réalité, sans exagération, et sans banalisation. Avec en prime de l’information et des messages de solidarité, l’indispensable sensibilisation à la vigilance, et la remobilisation des énergies collectives.

L’universalité et l’intangibilité de l’éthique informationnelle commandent dès lors, que les sempiternels discours imprécatoires à l’encontre de nos appareils sécuritaires taxés d’impéritie, puissent examiner ou réexaminer la relation faite de ces tragédies qui nous affectent tous sans exception, laquelle relation gagnerait toujours à s’entourer de fidélité, d’équité et de sobriété.

Ainsi le quatrième pouvoir, notre quatrième pouvoir à nous, qui en dépit des vicissitudes de l’existentiel, n’en continue pas moins de rendre d’incommensurables services à la nation, va contribuer avec plus d’efficacité, au retour de la paix sur l’ensemble du territoire camerounais. Une affaire de vocation!!!